Cagona (en espagnol dans le texte) |
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Un garçon simple Dans un village des Causses, un
village composé d'une dizaine de maisons de paysans, vivait Robert ! Robert était encore célibataire ! Tous les jeunes du village étaient partis. Comme dans tous les villages de cette région. Il ne restait que la fille du René ! Elle s'appelait Constante. Elle n'était ni belle ni laide! Mais à choisir entre les chèvres et Constante, Robert préférait la Constante, même si elle était vieille fille, elle était encore capable de porter des enfants.
Première demande Par un beau dimanche du mois d'août, Robert alla voir le René, pour lui demander le main de sa fille. Il se fit accompagner de sa vieille mère comme le voulait l'usage. Devant la maison de ses parents, Constante était assise dans le soleil, les yeux bridés par la lumière, la figure tordue par la grimace. Robert n , eut pas un regard pour elle. Il frappa à la porte. Le Père de Constante lui ouvrit . - Bonjour, le Robert, quel bon vent ? - Bonjour René, c'est une occasion d'importance qui m'amène dans ta maison. Tu te souviens, nous en avons déjà parlé ! Dans ce village de misère, peuplé par des gens d'avant, nous ne sommes plus que deux jeunes ta fille et moi. Tu sais que je suis attaché à cette terre, et c'est bien normalement que je viens te demander de marier ta Constante! - Il y a longtemps que j'attendais une visite comme la tienne. Ma Constance n'est plus de toute jeunesse, mais elle est encore vierge, et portera les enfants qui feront renaître notre bourg. - Alors tu es d'accord pour me la donner ta fille ? - Mais bien sûr que je suis d' accord. Les verres furent sortis des buffets, et l'eau-de-vie fut versée à ras bord ! Ils trinquèrent par trois fois à la santé de la future alliance. Puis ils en vinrent aux choses matérielles! - Ma fille, dit René, je te la donne, enfin, quand je dis que je te la donne, il faudrait savoir comment tu comptes l'entretenir! - Je n'ai pas grand chose à lui apporter, mais je suis travailleur, et, entre mes troupeaux et mes terres, ainsi qu'avec tes sources et tes puits, nous feront prospérer notre petite ferme! - Mes sources, elles sont la
richesse de ce plateau, elles font vivre toute la population, et avec ce que tu lui offres
à ma fille, elle n'aura même pas de quoi s'acheter du papier pour se torcher les fesses. Le temps des labours Robert travailla dur. Et ses efforts furent récompensés, il acheta la plupart des terres qui étaient en friches et les cultiva. Ses troupeaux recouvrirent tout le Causse, il embaucha de nombreux ouvriers. Robert s'enrichissait, mais il était toujours tributaire des puits de son futur beau-père. Quand il revint le voir trois ans plus tard, par une belle journée du mois de juillet, Constante étaient assise sur le banc de la façade, à goûter le chaud soleil. Après avoir exposé l'entendue de ses richesses au René, après lui avoir fait miroiter ses possessions, ses cultures, ses troupeaux, le père le considéra sans être impressionné et lui dit : " Tu es travailleur, Robert, mais malgré tes exploits, si, si, appelons ça des exploits. Avec tout ce que tu peux offrir aujourd'hui à ma fille,elle n'aura même pas de quoi s'acheter du papier pour se torcher le cul ! !
Tu nous fais Maraîcher Robert dépité, reparti. Pendant quatre ans il travailla dur, investissant dans la culture maraîchère, dans la viande d'agneau. Ses productions étaient réputées, il fit construire des serres, des camions venaient par centaines pour livrer ses produits dans toute la région. Il était à la tête d'un trentaine d'entreprises de Lozère. Quand il revint voir le père de Constance, pour lui reparler du projet de mariage, il venait de fonder sa propre banque et avait ouvert des guichets dans les plus grandes villes du Sud. Il montra à René, grâce à des moyens audio-visuels les progrès qu'il avait accompli, l'entendue de sa fortune personnelle, une dot très appréciable. Mais René ne se laissa pas impressionner, il connaissait la puissance qu'il détenait. Lui aussi s'était enrichit. Il vendait son eau à prix d'or, et sans elle Robert n'aurait rien pu constrUire! Il lui dit : - Mais mon petit Robert, avec tout ça, ma fille elle n'aura même pas de quoi s'acheter du papier hygiénique! Politic story Et Robert repartit ! Il devint député, et même ministre. Il fit irriguer toute la région, il fit monter l'eau de la vallée. Il prit des participations dans des multinationales et le causse devint un lieu de production de composants électroniques plus connu que Silicon Valley! Ses entreprises étaient cotées sur toutes les places boursières ! Il avait étendu ses activités à tous les domaines. Quand il revint voir le René, dix ans plus tard, celui-ci le reçut dans sa chaise roulante. Sa fille Constance, comme à son habitude, prenait le soleil sur le perron. - Maintenant, René, tu arrêtes de me faire marrer avec ma dot. Je suis quelqu'un de connu, et Constance et moi on se fait vieux. Si on veut des enfants il va bientôt falloir qu'on les adopte! Alors maintenant oui ou merde, tu me la laisses marier ta fille. - Tu as tout, le Robert, mais tu n'as pas l'eau. L'eau qui fait tout vivre. L'eau qui nettoie la cuvette des chiottes quand tu tires ta chasse. Même avec tout ce que tu lui donnerais à ma fille, elle n'aurait même pas de quoi s'acheter du papier toilette.
Le bout du rouleau Robert, effondré après tant
d'années d'efforts, sortit ! Il regarda enfin Constance pour une dernière fois , et avant de remonter dans sa Rolls, il lui dit : " Merdeuse... " |
Histoire d'eau !'
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